Ramener un peu de rêve

Ramener un peu de rêve dans ma vie. Me remettre tout simplement à imaginer, à m’imaginer moi, vivre toutes ces choses.

Je parle là d’aventures formidables tout comme d’utopie.

Cela se ressent dans ce que j’écris, dans mon inspiration également. Où sont donc passées toutes ces aventures merveilleuses, époustouflantes et parfois dramatiques que je vivais autrefois ? Enfant, j’étais tantôt un guerrier athlétique, tantôt un puissant mage, tantôt un pilote de vaisseau spatial. J’affrontais des dragons et des démons.

Aujourd’hui, et depuis quelques jours, j’ai envie d’écrire. Très envie, presque besoin. Et pourtant, rien ne vient.

Je voudrais écrire une de ces histoires fantastiques que j’étais capable d’imaginer de toutes pièces. Mais surtout, j’aimerais pouvoir en vivre une comme je les vivais avant. M’immerger dans mon imagination et les images que j’invoquais pour ressentir pleinement toutes les émotions associées.

Mais ce n’est plus le cas.

Aujourd’hui, plus de tout ça. Aujourd’hui, je ne vibre plus au même rythme que mes livres. Aujourd’hui, je ne m’endors plus sur des images de magie et de monde à sauver.

Non pas que je n’aime plus lire, au contraire. Je suis encore capable de m’absorber dans un bon livre. Mais je ne me fais plus happer par celui-ci, intégré et digéré au point de devenir l’un de ses personnages. Je ne me retrouve plus aux côtés d’Ewilan, des Chevaliers d’Émeraude, de Frodon, de Jena, de Drizzt, et de tant d’autres. Je les observe, je les admire, mais c’est tout.

Après m’être arrêté au milieu d’un chapitre, ce qui est de plus en plus rare, fini de vivre inlassablement la scène en cours pour imaginer mille et une fins possibles. Fini de créer d’inlassables rebondissements.

Je ne rêve plus.

Et de même finalement dans mon quotidien.

Je ne rêve plus vraiment.

Engagement associatif ? Parti.

Écrire un livre ? Adieu.

Croire fondamentalement qu’il faut aider ses voisins pour aider globalement le monde à s’améliorer ? Délaissé.

Rêver d’utopie ? Pourquoi ne pas plutôt se faire absorber par cette grosse machine qu’est notre société actuelle, pour voir se faire écraser toutes nos belles idées ?

6 réflexions sur « Ramener un peu de rêve »

  1. “Pourquoi ne pas plutôt se faire absorber par cette grosse machine qu’est notre société actuelle, pour voir se faire écraser toutes nos belles idées ?” Ben c’est bon, c’est fait déjà si tu en es là.

    Qu’est-ce que j’enrage de lire ces mots. Pas du tout contre toi, mais contre le manque de vie de notre monde, le manque de respect, le manque de magie…

    J’ai la chance de n’avoir jamais perdu de vue ce chemin de vie. Si je peux, d’une façon ou d’une autre, inspirer d’autres, j’aurais réussi ma vie.

    Comment et pourquoi perd-on le rêve et la magie? Cette question est primordiale. Comprendre pour éviter que cela ne continue.

    1. Je sais bien que j’en suis là, et c’est pour ça que j’écris ces textes pas très joyeux en ce moment. J’en avais un autre en tête, intitulé “Que suis-je devenu ?” mais je n’ai pas eu le courage de me poser sur cette question, et ça faisait très redite par rapport à Ressenti. J’en avais également un autre pour dire “Ne perdez pas le rêve”, pour encourager à ne jamais se séparer de son désir d’utopie et de ses belles idées, parce que c’est ça qui fait progresser doucement vers le bon chemin.

      Comment ? Pourquoi ? On se retrouve pris dans une énorme machinerie. On ne voit pas de moyen de faire autrement. Toutes les personnes alentour nous observent et sont prêtes à nous bondir dessus au moindre mouvemement suspect. On n’est pas vraiment libre de choisir, on nous donne une voie et puis c’est tout. Et après, on se fait lentement écraser pour rentrer dans le moule.

  2. La rêverie… Cela devient un met rare dans ce monde cynique.
    Pourtant, je pense qu’elle reste là, dans un coin de notre coeur. Elle a évolué, elle a un regard plus “adulte”. Il est possible encore de rêver et de faire rêver. Mais différemment. Avec notre sensibilité artistique qui grandit. Ne perd pas tout espoir. Tu as juste changé de regard. A toi de le modeler selon ta créativité. Courage !

    1. Il y a des choses que l’on perd quand même. Notamment cette capacité à vivre les histoires. Chose que j’aimerais intensément récupérer, ce qui ne se fera probablement jamais.

      Et il y a l’utopie, que j’ai perdu en rentrant dans le moule du travail, et en me confrontant aussi aux tracas quotidiens.

      Mais c’est pour ça que je dis que j’aimerais en ramener un peu. Parce que j’en veux déjà, puis je pense que c’est avec ça qu’on pourra progresser un petit peu vers un mieux.

      1. Mh… C’est parce qu’on a l’expérience de la vie que l’on n’arrive plus à apprécier des histoires destinées à moins expérimentés que nous. Ou essayer des récits moins utopiques ? Plus vraissemblables ? Je ne sais pas.

        En fait je ne te connais pas trop, je ne sais pas quelle vie tu mènes. Mais ton quotidien t’use on dirait.

        Peut être aussi que j’ai un regard pas trop abîmé par la société, car je ne peux pas entrer dans le moule… M’enfin !

        Courage.

        1. Je lis quasi exclusivement de la fantasy, ça va être compliqué d’en trouver de la vraisemblable x)

          Oui, mon quotidien me pèse. J’aime vraiment pas le modèle de notre société. Ou alors je suis juste un ineffable feignant.

          Je ne voulais pas rentrer dans le moule, mais je n’ai pas trop eu le choix malheureusement. Faut bien manger… Et quand on sait pas comment faire autrement, quand tout autour nous pousse à faire pareil que tout le monde… On se retrouve comme moi.

          Merci ^^

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