« On commence à se connaître »

Ce soir, tu m’as dit qu’on commençait à se connaître.

Vraiment, tu crois ça ? Tu penses commencer à me connaître ?


Moi, je n’ai pas cette impression. Que sais-tu vraiment de moi ? Est-ce que tu te rends compte que je ne suis pas moi-même, actuellement ? Je me force à cette sensibilisation, comme chaque année, j’essaye de comprendre comment ça se fonctionne. Parce que oui, j’aimerais avoir des amis. J’aimerais réussir à simplement avoir des potes que je vois régulièrement, être invité de temps en temps, participer au groupe en fait.

Mais vois-tu, toi tu arrives au milieu de notre promotion, on était déjà plus d’une vingtaine. Est-ce que tu te rends compte qu’à la pause, je ne sais pas à qui parler ? Oh, certes, je vais voir des gens, que j’apprécie au demeurant, mais ce n’est qu’une façade. Je trompe mon monde, je fais croire que je suis à l’aise. Mais je ne sais pas. Si je n’ai plus rien à dire, qu’est-ce que je fais ? Je reste là ? Je vais voir quelqu’un d’autre ? Avec qui est-ce que je peux rester juste comme ça même si je n’ai rien à dire ?

Comment est-ce que vous faites ? Comment faites-vous pour vous associer les uns aux autres, trouver cette entente, vous voir régulièrement, vous inviter, discuter ? Je ne sais pas, moi, comment on fait ça. J’essaye, souvent. Je vous regarde, et j’essaye de comprendre. Je tente certaines choses, je tâtonne sur les choses à dire, je participe à certains évènements, pour voir ce qu’ils amènent derrière. Qu’est-ce que je fais de mal ? À quel moment est-ce que je fais quelque chose pas comme les autres, à quel moment est-ce que vous me mettez légèrement à l’écart ?

Tu le sais, toi ? Tu t’en rends compte, de ça ? Tu sauras me le dire quel est ce moment, ce que je fais de bizarre, d’étrange, ou ce que je ne fais pas ?

Est-ce que tu te rends compte que pour l’instant je fais semblant de savoir comment on fait dans les relations sociales, parce que j’ai peur d’être seul ?

Tu dis qu’on commence à se connaître, mais tu ne sais pas que j’écris ce billet. Quand je me moque de moi-même, tu crois que c’est de l’auto-dérision, parce que tu ne sais pas que c’est vrai, qu’effectivement je n’ai pas une très haute opinion de moi. Tu crois, toi, que tu sauras un jour ce que je pense derrière tout ça ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *