L’horloge vide


Il se tenait derrière la caisse. Machinalement, il passa les articles de la cliente et annonça un prix d’une voix monotone. Harassé, il fixait la grande horloge, attendant que le temps passe. Trop lentement.

Il se sentait vide.

« Bip » faisaient les articles, comme depuis des années. « Au revoir » faisait le client, comme depuis des années.

La pression montait, lui écrasant les épaules. Et il regardait l’horloge.

Et il n’en put plus. Il sortit de derrière sa machine. Il ignora les gens anonymes et les collègues. Il avança juste sur l’horloge. D’un doigt, mécaniquement, il arrêta la grande aiguille.

Tout se figea autour de lui. Plus personne ne bougeait, plus aucun bruit, ni machine ni musique insipide de supermarché.

Il alla au rayon literie et pris un oreiller. Puis, il sortit du magasin. C’était pareil dehors, aucun mouvement, aucun son. Il marcha un moment. Il arriva sur une colline. Il trouva un arbre. Il posa son oreiller. Il s’installa, à moité allongé, les mains derrière la tête.


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