Les végans ont tout faux ? Analysons cette tribune

Il paraîtrait, d’après une tribune parue dans Libération, que les végans seraient dans le faux, se trompant lourdement dans ce qu’ils font, voir même qu’ils feraient plus de mal que de bien. Je vous propose d’analyser ensemble cet article, point par point.

Attention, c’est long. Parce que j’ai repris tout l’article. Vous pouvez aussi aller lire uniquement ma petite conclusion en fin d’article, le dernier paragraphe.


Ils prônent une rupture totale avec le monde animal, alors que manger de la viande a toujours fait partie de l’histoire humaine, un moment essentiel de partage.

C’est déjà en contradiction avec le titre : Est-ce que ce sont les végans ou les végétariens qui ont tout faux ? C’est d’autant plus étrange que juste après, les auteurs opposent végans et végétariens. Malheureusement, on va voir que le contenu de l’article s’applique uniquement au régime alimentaire, comme l’annonce ce sous-titre. L’utilisation du terme végan est donc faussé.

Maintenant, parlons de « manger de la viande a toujours fait partie de l’histoire humaine ». C’est sûrement vrai, bien qu’on n’ait pas de source. Pourtant, on ne regarde la télévision que depuis le siècle dernier. On ne conduit une voiture que depuis presque aussi récemment. On utilise Internet depuis seulement 30 ans, ou moins selon les personnes.

Ce n’est pas parce que l’on a toujours fait ainsi que l’on ne doit pas évoluer. On a le droit de changer, y compris de vieilles habitudes. On échappe de peu au « manger de la viande, c’est naturel » quand on utilise des cosmétiques bourrés de produits chimiques, tout ce qu’il y a de moins naturel.

Cette relation doit reposer sur un élevage raisonné et bio, respectueux des sols et des terroirs. La meilleure façon d’échapper à l’alimentation industrielle.

Ce raisonnement s’applique tout à fait si l’on croit qu’il faut continuer de manger de la viande. C’est le même que pour l’agriculture.

Ils sont peu nombreux, mais ils ont une audience impressionnante. Comme ce qu’ils disent semble frappé au coin du bon sens, celui de l’émotionnel et d’une morale binaire, le bien, le mal, c’est que ça doit être vrai. D’où le succès de la propagande végane, version politique et extrémiste de l’abolitionnisme de l’élevage et de la viande, que l’on mesure simplement : aujourd’hui, les opinions contraires, pourtant majoritaires, doivent se justifier par rapport à elle.

Il s’agit là d’une attaque personnelle contre les végans. Attention à ne pas la prendre en compte dans votre jugement, elle n’est pas argumentée. De plus, on rappellera que végan est un mode de vie, alors que l’abolitionnisme est un terme politisé, soit l’inverse de ce qui est dit.

Nous dénonçons d’autant plus le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels,

Un mauvais coup est une notion très probablement subjective. Dans ce contexte plus encore. Les végans, eux penseront justement l’inverse, que ce serait une bonne chose pour nos modes de vie. Je ne vois pas en quoi les courants végétariens seraient impactés par la tendance végane, vraiment. Pour ce qui est de l’agriculture, comme ils font lieu de paragraphes dédiés, nous y reviendrons à ce moment-là.

que nous sommes convaincus de la nécessité d’en finir au plus vite avec les conditions imposées par les systèmes industriels et d’aller vers une alimentation relocalisée, préservant la biodiversité et le paysan, moins carnée, aussi. L’Occident et les riches des pays du Sud consomment trop de viandes, et surtout de la mauvaise viande. Au Nord comme au Sud, les systèmes industriels ont changé l’animal en machine à transformer la cellulose des plantes en protéines bon marché pour le plus grand profit des multinationales et au détriment des paysans, des consommateurs, des sols, de l’eau et des animaux. Le bilan sanitaire et écologique de ces rapports de travail indignes aux animaux est tout aussi mauvais que celui du reste de l’agriculture productiviste : on empoisonne les consommateurs avec de la mauvaise viande, de mauvais légumes et fruits, en dégradant l’environnement et la condition paysanne. Ceci étant dit, regardons un peu les arguments avancés par les végans.

Ici, les auteurs, pour moi, se placent comme des gentils modérés pour faire ressortir la prétendue violence des propos végans. Attention ! Vous trouvez peut-être que j’exagère ma façon de le dire, mais il ressort ici un contraste entre la tendance « extrémiste » des végans et la modération des auteurs. Si vous êtes déjà en désaccord avec les végans, alors ils s’attirent votre sympathie parce qu’ils sont eux-mêmes plus modérés. De là, vous serez plus disposés à croire ce qu’ils diront ensuite.

Les végans vont sauver les animaux

Depuis douze mille ans, nous travaillons et vivons avec des animaux parce que nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés. Les animaux domestiques ne sont plus, et depuis longtemps, des animaux « naturels ». Ils sont partie prenante du monde humain autant que de leur propre monde. Et, grâce au travail que nous réalisons ensemble, ils ont acquis une seconde nature qui fait qu’ils nous comprennent, bien mieux sans doute que nous les comprenons. Ainsi est-il probable qu’ils ne demandent pas à être « libérés ». Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie.

C’est une interrogation qui, personnellement, me revient souvent. Comment vivraient les animaux leur libération ? Il est évident, dans tous les cas, que leur population diminuerait drastiquement. Mais il est possible qu’une partie survive et évolue vers un état plus sauvage leur permettant de vivre dans la nature. De plus, il est à noter qu’il existe déjà des refuges s’occupant d’animaux d’élevage sans aucune visée d’abattage.

Sinon, il y a toute la partie « les animaux nous comprennent » qui est fallacieuse. Ce ne sont pas des arguments, il n’y a aucune manière de les vérifier et ils sont douteux. « Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie » est une opposition abstraite entre sauvage/civilisé, qui de plus emploie un terme volontairement connoté péjorativement.

On peut aussi arguer qu’il est sauvage d’élever des animaux dans le seul but de les manger. Mais ce serait tout aussi fallacieux et dénué de sens. On peut faire passer plein de choses avec le terme sauvagerie.

Ils ne demandent pas à être stérilisés afin de peu à peu disparaître, ainsi que le réclament certains végans. Ils demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne.

On note qu’il s’agit d’une tribune, donc d’un message libre, et non pas d’un article de journal. Encore heureux, parce que le manque de source dans cette affirmation est déjà assez scandaleux comme ça. Quel végan demande cela ? Je n’en ai jamais entendu parler, et pourtant je suis plutôt de ce côté-là. Si cela est vrai, ce dont on peut douter sans source, ce doit être une minorité de la minorité végane. Et par ailleurs, cela n’a aucun rapport avec l’idéologie végane.

J’ai fait une rapide recherche, mais je ne suis tombé que sur des informations autour de la stérilisation des animaux domestiques, et non pas des animaux d’élevage. Ce qui me fait penser qu’il faut bien faire attention à ne pas confondre les deux, les auteurs ayant choisi de ne pas faire de distinction.

« Ils demandent à vivre avec nous », je vous invite à retourner voir ce que j’écrivais juste au-dessus. On ne peut pas le savoir. Et une vie intéressante n’est pas possible sans nous ? J’ai du mal à le croire. Et pourtant j’ai un certain ego. Mais digne, par contre, j’ai tendance penser que ça ne se ferait pas avec nous.

Le véganisme va nous sauver de la famine

Jusqu’à il y a peu, rappelons-le, les hommes et les femmes mouraient vite de trois causes possibles : les maladies infectieuses, la guerre et la faim. Or, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans nos pays européens, et depuis les années 60 dans l’ensemble du monde, il n’existe plus de famines liées à un manque de ressources. Quel progrès ! Les famines qui adviennent sont des armes politiques. Quand des gens meurent de faim quelque part, c’est parce que d’autres l’ont décidé. On ne voit pas en quoi le véganisme changerait quoi que ce soit à cette réalité.

Toujours pas de source, ce qui est vraiment dommage. Cependant, on notera que nous sommes en pleine crise démographique mondiale et donc que la population devrait monter. 9,8 milliards d’individus en 2050 d’après le scénario moyen de l’ONU (page 7), donc il faudra aussi nourrir ces personnes-là. Or, les élevages nécessitent d’être nourris par des végétaux. Les terres utilisées pour ces végétaux pourraient être utilisées pour nous nourrir nous directement, ce qui aurait un meilleur rendement. En effet, d’après cet article la production de viande nécessite plus de nourriture végétale que ce qu’elle produit.

De plus, d’après le dossier de l’association végétarienne (dont je n’ai pas pu récupérer les sources papier, malheureusement), la nourriture carnée exploite actuellement une grande partie des terres agricoles des pays du Sud. Refuser la viande, c’est refuser d’exploiter ces terres qui doivent revenir à leurs habitants.

Cependant, impossible de savoir (ou du moins n’ai-je pas trouvé l’info) à quel point un élevage raisonné et très local pourrait avoir le même effet.

Le véganisme va sauver l’agriculture

Ce serait même exactement l’inverse. Si les famines ont disparu de notre sol, c’est parce que le XVIIIe siècle a connu la plus grande révolution agricole après celle de son invention : l’agronomie. Et la polyculture-élevage, pourvoyeuse de ce qui se fait de mieux pour nourrir un sol, le fumier. Une des meilleures idées que l’homme ait jamais eue. Quant à l’industrialisation de l’élevage, elle n’est pas née après la Seconde Guerre mondiale avec le productivisme agricole. Elle a été pensée bien en amont, au milieu du XIXe siècle avec le développement du capitalisme industriel. Les animaux sont alors devenus des machines dont la seule utilité est de générer des profits, aux dépens des paysans et de l’environnement.

Encore une fois, aucune source. Ce qui est vraiment dommage, surtout que l’un des auteurs est chercheuse à l’INRA, on peut penser qu’elle connaît son sujet. Mais on apprécierait d’en avoir la preuve. En l’état, je peux juste dire que moi on m’a appris à ne pas mettre de matière d’origine animale dans mon compost. Ce qui a autant de valeur que leur argument.

Le véganisme va sauver notre alimentation

Le véganisme propose de se passer des animaux, pour les sauver. Retour à la case départ : l’agriculture sans élevage, c’est l’agriculture famineuse parce qu’elle épuise les sols. Ce sont des rendements ridicules pour un travail de forçat car le compost de légumes est bien moins efficace pour faire pousser des légumes que le fumier animal. A moins de forcer le sol par de la chimie, évidemment. Et de labourer bien profondément. Mais, dans ce cas, on abîme les sols, en désorganisant l’écosystème qu’il est en réalité

Toujours aucune source. Mais de la redite avec l’argument précédent. Par contre, je n’ai pas entendu dire que les jardins en permaculture utilisaient des engrais chimiques ou du fumier. Et pourtant ça fonctionne pas trop mal. Je vous invite éventuellement à aller voir la page Wikipédia pour vous faire un avis dessus.

Sinon, il est évident que l’agriculture paysanne demandera plus de travail. C’est évident que l’on n’a pas les mêmes rendements par personne qu’avec l’agriculture industrialisée. Mais vous qui en êtes défenseurs n’en parlez pas, ce qui est dommage. Vous pourriez au moins tenter de le comparer.

Le véganisme sauvera notre santé

Tuer l’animal, c’est mal, manger de la viande, c’est destructeur. Car les études montrent que la consommation de viandes est corrélée au cancer. Sauf que ces études ont été principalement menées aux États-Unis et en Chine, où l’on consomme bien plus de viande, encore plus gavée d’hormones et d’antibiotiques, encore plus transformée.

Toujours aucune source. Sans commentaire.

Quant aux études démontrant la longévité supérieure des végétariens qui – rappelons-le – consomment des produits animaux, lait et œufs, et dépendent donc de l’élevage, elles sont biaisées par le constat que ces publics consomment aussi très peu de produits transformés, peu de sucres, ils font du sport, boivent peu, ils ont une bonne assurance sociale, etc.

Toujours pas de source. C’est très possible en effet, et c’est mon cas en tant que végétarien. Encore que l’argument de l’assurance sociale, je ne sais pas d’où ils le sortent. Dans tous les cas, ce qui est sûr, c’est que les gens vivraient en bien meilleure santé en faisant attention à leur alimentation.

Quelle est la responsabilité des légumes dans leur bonne santé ? Difficile à dire ! Ce qui importe, c’est le régime alimentaire et le mode de vie équilibrés. En comparaison, manger végan, l’absolu des régimes « sans », c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé. Sans omettre d’ajouter la précieuse vitamine B12 à son alimentation. Car sans elle, comme le montrent de nombreux témoignages d’ex-végans, ce régime ultra-sans détruit irrémédiablement la santé, à commencer par celle de l’esprit.

Toujours pas de source. En l’espèce, la dernière ligne est à ignorer absolument. Un argument aussi fort ne peut être accepté sans source.

La carence en B12 est reconnue par contre. Tenez, une petite source pour vous montrer qu’il est possible de faire des efforts.

Ce qu’on notera par contre, c’est la formulation des 2 phrases. « c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé. Sans omettre d’ajouter la précieuse vitamine B12 » Cela laisse penser que la B12 est un « assemblage de molécule » pour donner un avis négatif sur la chose. Dans les faits, c’est un simple complément alimentaire, comme le magnésium ou la vitamine D. Et celles-là, on n’en fait pas tout un fromage.

Revenons sur une phrase : « c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé ». C’est faux. Et non sourcé. Parce que c’est faux. Retournez voir le lien que je viens de vous mettre. Il n’est fait mention nulle part de tels choses. Parce que c’est faux. Un régime végétalien doit être mesuré correctement et inclure notamment des légumineuses, au moins une fois par jour en même temps que des féculents. Mais certainement pas des « assemblages de molécules » inventés de toute pièce.

Le véganisme va sauver l’écologie

Avec ce retour au naturel, l’écologie est sauvée. Et bien non. Car ayant expulsé les animaux domestiques, il n’y a plus rien pour maintenir les paysages ouverts, ceux des prairies, des zones humides, des montagnes et des bocages. Sauf à obliger chômeurs, prisonniers et clochards à faucher et à couper les herbes, ou à produire des robots brouteurs.

Je ne sais pas ce qu’ils prennent, mais j’en veux. Ceci est sans doute l’argument le plus fallacieux de cet article. Pour information, les écosystèmes ne se portent au mieux que lorsque que l’humain en est absent. Protéger l’écologie et les paysages, c’est ne pas y toucher. De plus, on notera que pour eux, manifestement, un beau paysage est un beau paysage tondu. Pourquoi pas, mais ce n’est ni écologique, ni objectif. Moi j’aime bien les forêts broussailleuses.

Encore une fois, tentative de prise par les sentiments. L’argument du travail forcé n’est pas un argument de rhétorique, juste une façon de vous faire croire que les végans sont d’horribles personnes voulant esclavagiser les défavorisés. Et les robots brouteurs… Ils restent dans la même ligne absurde que le reste du paragraphe.

La vérité, c’est que le véganisme a un réel impact bénéfique sur l’environnement. En diminuant la part des terres cultivées, la consommation d’eau, et la production de gaz à effet de serre. Je vous invite, encore une fois, à aller voir (encore) l’excellent dossier de vegetarisme.fr qui, lui, est sourcé.

Les vaches et moutons sont les garants de l’extraordinaire diversité paysagère qui fait la France, qui est aussi celle de notre assiette. Les animaux et leurs éleveurs sont les premiers aménageurs du territoire.

L’article révèle encore une fois son vrai visage : défendre la viande dans l’assiette, et non pas montrer que le véganisme est dangereux. Méfiez-vous encore une fois, il ne s’agit pas d’un argument de raison mais bien sentimental, cherchant à vous attirer par votre attraction envers la nourriture carnée.

Le véganisme est une position politique émancipatrice

Non, contrairement à ce que croient de nombreux jeunes, fiers de dire « je suis végan », comme s’ils participaient à une action révolutionnaire, ou si leurs actions contre les abattoirs ou les paysans vendant leurs fromages sur les marchés relevaient de la résistance à l’ordre établi, le véganisme ne participe pas à l’émancipation des animaux et encore moins à celle des humains. Au contraire, en défendant une agriculture sans élevage et un monde sans animaux domestiques, c’est-à-dire sans vaches, ni chevaux, ni chiens, ce mouvement nous met encore plus dans les serres des multinationales et accroît notre dépendance alimentaire et notre aliénation. Les théoriciens et militants végans ne sont pas des révolutionnaires, ils sont, au contraire, clairement les idiots utiles du capitalisme.

Ça vire encore une fois à l’attaque personnelle envers les végans. Et cela en utilisant un raisonnement décousu sans aucun sens. Enlevons les mots inutiles pour en venir au raisonnement pur :

Défendre une agriculture dans élevage et un monde sans animaux domestiques → Nous rendre dépendants des multinationales, et aliénés.

Que… Quoi ?! Non, vraiment, cela n’a aucun sens. Ou tout du moins, il faudra m’expliquer ça plus longuement et sérieusement.

Personnellement, j’ai plus en tête l’image des végans proches des associations de semences paysannes et de la permaculture, souhaitant avoir leur indépendance alimentaire, et défendant les droits des peuples à disposer de leurs terres agricoles. M’enfin.

(Mon argument, non sourcé, n’est pas valable non plus. Mais il est tout autant hypothétique que celui de l’article paru dans Libération.)

Le véganisme est l’ambassadeur de l’industrie 4.0

Le grand danger de ce début du XXIe siècle est bien l’invention d’une agriculture sans élevage. On ne compte plus les investissements et brevets déposés pour produire de la « viande » en cultivant en laboratoire des cellules musculaires de poulet, de bœuf ou de porc ou produire du lait et des œufs à partir de levures OGM. Les promoteurs de cette agriculture cellulaire se recrutent au sein des grandes firmes (Gafa, milliardaires et fonds d’investissements puissants). Les premières viandes artificielles pourraient être introduites sur le marché sous forme de carpaccio avant que soient commercialisés avant dix ans de « vrais-faux » morceaux produits in vitro. Des amas de protéines qui auront poussé à grands jets d’hormones pour favoriser la croissance et d’antibiotiques pour éviter les contaminations.

Le rapport avec le véganisme ? S’il-vous-plaît ? Être végan n’implique certainement pas de consommer de telles choses. Comme déjà dit, être végan implique de manger des légumineuses et des féculents, pas de la viande de synthèse. C’est encore un argument ridiculement faux et affabulé.

On va passer assez vite sur le dernier paragraphe.

En vérité, le véganisme ne va pas nous sauver

Le véganisme est dangereux. Il participe à la rupture programmée de nos liens avec les animaux domestiques. Il menace de nous condamner à la disette en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens.

Source ? Une étude montrant les probabilités de ce scénario ?

Il menace de ruiner les pratiques alternatives, comme le bio, en annihilant la polyculture-élevage qui est son fondement.

Source ? Je n’ai jamais entendu dire que le bio impliquait nécessairement l’élevage.

Il menace de nous condamner à dépendre d’une alimentation industrielle 4.0.

J’en ai déjà parlé.

Il menace d’uniformiser nos paysages.

Faux. C’est l’homme qui uniformise les paysages, et c’est vous (les auteurs de cette tribune) qui souhaitez que tout soit coupé. Alors que moins d’occupation humaine implique une nature moins impactée, et donc plus libre de se développer comme elle l’entend.

Il menace paradoxalement de nous faire perdre notre humanité incarnée et notre animalité en nous coupant des réalités naturelles par des zoos virtuels, des paysages transformés en sanctuaires, avec des chiens et chats remplacés par des robots.

Elle doit vraiment être bonne. Qui parle de chiens et de chats remplacés par des robots ? Qui parle de zoos naturels ? Les réserves naturelles, ça existe. Les végans défendent le droit animal. Comment cela peut-il nous éloigner de la nature ?

Le véganisme est l’allié objectif d’une menace plus grande encore. Car, après tout, la meilleure façon de ne plus abîmer la nature est de s’en couper totalement. De s’enfermer dans des villes, alimentées par des flux de molécules et des flux de données. Plus de sale, plus de propre, que de l’esprit sain tourné vers une morale ultime, l’amélioration de l’homme par son isolement total de la nature que l’on ne peut maîtriser et qui nous renvoie sans cesse à notre animalité. Oui, véganisme rime avec transhumanisme.

Bon sang, ils ont commencé à trop en prendre. S’enfermer dans des villes ? Quel rapport avec le véganisme ? Ils sortent totalement du sujet. Ces quelques lignes sont un véritable conte de fée. Il n’est jamais question, dans le véganisme, de s’éloigner de la nature. Certainement pas de s’enfermer dans des villes.

Un monde terrifiant. La consommation de la viande a introduit, dès la préhistoire, l’obligation du partage, l’invention de la logique du don et du contre-don car un chasseur ne consomme jamais son propre gibier.

Ah bon ? Et pourquoi cela je vous prie ? Et quel rapport ? Vous pensez qu’on ne peut pas échanger de la nourriture végétale ?

Don et contre-don sont aussi au fondement de nos rapports sociaux avec les animaux. Donner – recevoir – rendre est le triptyque de nos liens. Que sera l’humanité sans cet échange fondamental ?

Quel rapport bon sang ? J’hallucine vraiment sur la fin de cet article, à un point que je ne sais même plus quoi dire. Ces derniers paragraphes sont totalement inventés de toute pièce, et ne veulent strictement rien dire. En plus de s’éloigner totalement du sujet.

Ne vous y trompez pas d’ailleurs, ce sont là des tentatives de manipulation de l’esprit. On ne parle plus de convaincre, mais de persuader en bombardant le lecteur d’idées noires et en tentant de les associer au véganisme.


Au final, cet article manque avant tout de sources sur les quelques arguments qui en valent la peine. Pour le reste, il dénote un grand manque de connaissances du sujet de la part des auteurs, qui pourtant ne sont pas des personnes incultivées. Enfin, il y a une grosse part d’arguments fallacieux totalement affabulés, cassant toute la crédibilité de ce qui aurait pu être intéressant. On peut aussi noter une certaine volonté de défendre l’assiette carnée, mais très peu mise en avant.

Une réflexion sur « Les végans ont tout faux ? Analysons cette tribune »

  1. Bon, j’en suis désolé, à la fin je me suis un poil emporté. Mais ça partait (de mon avis), vraiment en n’importe quoi, impossible de rester aussi neutre que je le voulais en début d’article.

    On m’a soufflé que ça pouvait aussi être un troll. Si c’est le cas, je suis tombé dans le panneau ! 😀

    Voici la réponse de Libération suite au débat. Je prendrai peut-être le temps de l’analyser aussi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *