La musique des nuages


Deux îles se dressent au milieu d’un océan violent. Depuis l’une, l’autre est visible, et pourtant elles paraissent éloignées de jours et de jours de traversée. Leur surface est étroite, tout juste deux rochers, très semblables. Leurs côtes sont fermées à l’accostage, il s’agit uniquement de falaises battues par les vagues. Et posé dessus, un petit plateau resserré, couvert de vents.

Sur cette petite plaine herbeuse, une tour carrée, presque identique dans chaque île. Le dernier étage de la construction est ouvert à l’extérieur et protégé de la pluie par un toit pointu.

En haut de chaque tour, un homme. Mûr, grand, et fort. Et chacun son instrument.

Le premier est entouré de tambours. Faits de bois et de peaux de chèvre. Il brandit ses baguettes, presque des marteaux, et frappe ses instruments dans une cadence sauvage. Autour de lui, les nuages se rassemblent. Ils grandissent, grossissent et s’assombrissent. Menaçants, ils font tomber une pluie féroce, avant d’éclater dans un terrible fracas de tonnerre. Ils se répandent et partent à la conquête des mers.

Alors, le second s’approche de son instrument. Une corne gigantesque, plus grande que deux hommes. Il inspire profondément, et cette inspiration lui prend plusieurs dizaines de secondes. Il gonfle, enfle, alors que ses poumons gigantesque se remplissent d’air. Quand enfin il a terminé, il se penche sur son embouchure. Et il souffle. Un son pur et puissant en sort de la corne. Son souffle monte et monte, file vers le ciel, et repousse les nuages, les éparpille, les chasse de la mer.

Alors le jeu recommence.


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